- Charter of Transdisciplinarity

          ɡ

 

Special Issues

   - The Book Shop

The Golden Register -

 

Useful Sites

F.A.Q.

Index

 

 Maaberuna

frencharabic 

Mort

La vie de lhomme est un grand mystre, mais sa mort est un mystre encore plus grand. Lavoir--mourir de lhomme structure le temps de son existence. Lhomme vit chaque instant   larticle de la mort . La mortalit de lhomme exprime sa finitude, sa fragilit, sa vulnrabilit. Mais cest essentiellement en tant qutre-pour-soi que lhomme est un tre fini. La relation lautre homme vient briser cette finitude.

La mortalit des hommes devrait leur faire prendre conscience de leur fraternit. Parce quils sont des tres mortels, les hommes devraient prouver les uns envers les autres une compassion existentielle qui les unisse dans une profonde solidarit. Mais, au lieu de cela, ils se proccupent avant tout de survivre et rivalisent les uns contre les autres dans dincessantes batailles meurtrires. Ainsi, le risque de la mort, au lieu dengendrer parmi les hommes des sentiments fraternels, suscite au contraire chez eux des dsirs fratricides.

Au plus profond de lui-mme, lhomme connat la peur : la peur de lautre homme, surtout de lhomme autre, cet inconnu, cet tranger, cet indsirable, cet intrus quil considre porteur de menaces et de dangers. La peur de lhomme senracine toujours dans la crainte de mourir. Ds lors, nous considrons lautre comme un ennemi auquel nous prtons lintention de nous faire du mal et, peut-tre, de nous faire mourir. Nous apprhendons la rencontre avec lautre homme en le considrant comme notre meurtrier potentiel, quand bien mme il ne manifeste aucune hostilit notre gard. La peur cre le danger plus souvent que le danger ne cre la peur.

Dans les diffrentes traditions philosophiques, la vertu de lhomme fort capable de surmonter sa peur face aux dangers, aux souffrances et la mort, cest le courage. Depuis toujours, nous sommes habitus penser que lhomme courageux est dabord celui qui surmonte sa peur pour prendre le risque de mourir en recourant la violence pour la dfense dune cause juste. La clbration de la guerre honore le courage du soldat qui ne craint point de dfier la mort sur les champs de bataille pour la dfense de la patrie. Mais, en ralit, le pari de celui qui dcide demployer la violence, nest-il pas de tuer avant dtre tu ? Lhomme qui choisit la violence ne peut pas ne pas savoir quil prend le risque dtre tu. Avant dagir, il peut calculer au mieux ce risque, mais, dans le  feu de laction , il sefforce de ne plus y penser. Tout entier proccup par la volont de tuer, il veut se convaincre quil sortira vainqueur de sa lutte mort avec son adversaire. Ainsi, pour lhomme qui choisit la violence, le risque dtre tu se trouve occult par son espoir de vaincre. Certes, ce risque existe rellement, puisquil sagit daffronter un adversaire qui est tout aussi dtermin tuer pour ne pas mourir et tout aussi certain de vaincre, mais chacun feint de lignorer.

Lhomme tue, non seulement parce quil ne veut pas tre tu, mais parce quil ne veut pas mourir : il tue pour vaincre la mort. En dfinitive, ce qui, pour lhomme, ncessite et justifie la violence, cest quelle lui apparat comme lunique moyen de se protger contre la mort. Lautre incarne la menace de mort qui pse sur nous. Ainsi nous entretenons lillusion dchapper la mort en le tuant.

Lhomme qui choisit la non-violence a pleinement conscience quen refusant de tuer, il prend le risque dtre tu ; il affronte directement le risque de mourir sans quil lui soit possible de recourir un faux-fuyant. Lui aussi connat la peur de la mort comment pourrait-il en tre autrement ? , mais en dcidant de faire loption de la non-violence, il a choisi de lui faire face et de tenter de la surmonter sans tricher. Seul celui qui apprivoise la peur de mourir peut prendre le risque dtre tu sans menacer de tuer. En devenant libre lgard de la mort, lhomme devient libre lgard de la violence ; en matrisant langoisse de la mort, il acquiert la libert de la non-violence. Dsarm, celui qui choisit la non-violence na dautre protection que sa propre vulnrabilit. Lthique de la non-violence est une thique du risque. Cette acceptation de la mort nest pas une rsignation. Tout au contraire, seul celui qui refuse de tuer, proteste effectivement contre la mort.

Du point de vue thique, la valeur de la vie humaine nest pas la valeur suprme de lexistence. La valeur de la dignit spirituelle de lhomme est une valeur suprieure celle de la vie. Il en rsulte que je peux tre amen prendre le risque de perdre la vie par respect pour ma dignit, ou par respect pour la dignit de lautre homme.

La tragdie de lhomme, ce nest pas dtre mortel, mais de devenir meurtrier. Pour le sage, la volont de ne pas tuer devient plus forte que la volont de ne pas mourir ; la crainte de tuer prvaut sur la peur de mourir. La transcendance de lhomme, cest cette possibilit de prendre le risque de mourir pour ne pas tuer, plutt que de prendre le risque de tuer pour ne pas mourir.

Courage

Non-violence

Sacrifice

Violence  

return a l'index

 

Front Page

 

                              

Spiritual Traditions

 

Mythology

 

Perennial Ethics

 

Spotlights

 

Epistemology

 

Alternative Medicine

 

Deep Ecology

Depth Psychology

Nonviolence & Resistance

 

Literature

 

Books & Readings

 

Art

 

On the Lookout

The Sycamore Center

 

: 3312257 - 11 - 963

: . .: 5866 - /

maaber@scs-net.org  :

  :        ӡ ߡ ɡ